Je poste ce témoignage pour avoir un peu d’aide mais aussi pour celles et ceux qui ne se retrouvent pas vraiment dans la description du sevrage nicotinique classique et qui, comme moi, traversent l’enfer au niveau psychologique.
J’en suis bientôt à 1 an depuis ma dernière cigarette. Je fumais deux paquets par jour environ et j’étais de celle qui FUMAIT. J’ai accouché sans péridurale pour pouvoir aller fumer dehors (true story).
Il y a environ 1 an pour la deuxième fois je me suis lancé dans cette grande aventure du sevrage tabagique.
La première fois j’avais échoué à 3 semaines en raison d’un état dépressif du futur.
Cette fois j’étais curieuse de decouvrir ce qui se passerait si je tenais bon un peu plus.
Armée de substituts nicotiniques, accompagnée par un tabacologue et mon psy, avec l’aide d’un hypnotherapeute et d’un acuponcteur: j’ai tenu.
Finalement au bout d’environ 6 mois l’envie de « fumer » a fini par passer. J’avais trouvé de nouvelles routines et je n’y pensais plus vraiment tant que ça. Le sevrage tabagique était derrière.
En revanche, s’il y avait d’un côté l’aspect « fumeuse » qui s’est réglé bien plus vite et facilement que ce que je pensais, il y avait d’un autre côté le sevrage nicotinique: mon enfer.
À chaque diminution de substitut nicotinique, j’ai retraversé le même enfer. J’ai passé 1 semaine en unité psy en octobre après être passée de 14 mg à 7mg.
Il y a 15 jours, j’ai enlevé mon dernier patch et il y a 10 jours j’ai rangé mon inhalateur nicorette.
Depuis je retraverse une dernière fois (je l’espère) cet enfer: je ne dors plus, je fais 300 ascenseurs émotionnels par jours, j’ai des envies suicidaires et des pulsions de toutes sortes. J’ai l’impression d’être possédée. Tout mon être me crie : remet des patchs, refume. Mais pour l’avoir vécu à plusieurs reprises depuis 1 an, pour être exacte je l’ai vécu à chaque diminution de nicotine: je sais que c’est passager mais c’est un enfer passager qui dure et qui me laisse par moment une grande place au doute.
J’écris ces mots pour donner du courage à celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans les « envies de fumer qui durent entre 3 à 5 minutes » ou dans le « sevrage nicotinique s’estompe au bout de 7 jours ». Oui c’est l’enfer et il est proteiforme, il prendra le visage de tous vos monstres pour vous convaincre que la décision d’arrêter n’était pas la bonne, que ce n’est pas le bon moment, pas la bonne méthode,mais promis comme le décrit si bien A. Carr, le monstre fini par mourir et l’enfer de l’addiction avec.
Cet avec cet espoir que je traverse une DERNIÈRE fois cet enfer!